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Le Premier ministre thaïlandais revendique sa victoire aux législatives
information fournie par AFP 08/02/2026 à 18:06

Le Premier ministre thaïlandais et chef du parti Bhumjaithai, Anutin Charnvirakul, avant une conférence de presse après les élections législatives thaïlandaises, à Bangkok, le 8 février 2026 ( AFP / ANTHONY WALLACE )

Le Premier ministre thaïlandais et chef du parti Bhumjaithai, Anutin Charnvirakul, avant une conférence de presse après les élections législatives thaïlandaises, à Bangkok, le 8 février 2026 ( AFP / ANTHONY WALLACE )

Le Premier ministre conservateur de Thaïlande a revendiqué sa victoire à l'élection législative dimanche, d'après les projections des télévisions locales qui font de son parti, déjouant les pronostics et porté par un souffle nationaliste, le plus grand groupe parlementaire du pays.

"Nous sommes en passe de remporter la première place lors des élections", a déclaré Anutin Charnvirakul aux journalistes présents au siège de son parti, le Bhumjaithai, à Bangkok.

Natthaphong Ruengpanyawut, le chef du Parti du peuple, réformiste et donné largement favoris en amont du scrutin, a reconnu sa défaite, assurant aux journalistes "respecter" le gagnant.

Le parti Bhumjaithai d'Anutin Charnvirakul est crédité de près de 200 sièges à la Chambre basse, selon les projections à la sortie des urnes de Channel 3 vers minuit (17H00 GMT), devançant largement le Parti du peuple qui a un peu plus de 110 sièges, quand le parti Pheu Thai, longtemps dominant sur la scène politique thaïlandaise, arrive troisième.

Un revirement spectaculaire pour Anutin, dont le parti était arrivé troisième lors des dernières élections et qui n'a été nommé Premier ministre par le Parlement qu'en septembre 2025.

Le chef du Parti du peuple et candidat au poste de Premier ministre, Natthaphong Ruengpanyawut, au siège de son parti après avoir concédé sa défaite aux élections thaïlandaises à Bangkok, le 8 février 2026 ( AFP / Lillian SUWANRUMPHA )

Le chef du Parti du peuple et candidat au poste de Premier ministre, Natthaphong Ruengpanyawut, au siège de son parti après avoir concédé sa défaite aux élections thaïlandaises à Bangkok, le 8 février 2026 ( AFP / Lillian SUWANRUMPHA )

"La victoire d'aujourd'hui appartient à tous les Thaïlandais, qu'ils aient voté pour nous ou non", a ajouté le Premier ministre de 59 ans, héritier fortuné du BTP et pilote d'avion à ses heures, connu pour avoir mené la Thaïlande à la légalisation du cannabis.

De nombreux électeurs ont confié à l'AFP avoir eu en tête le conflit frontalier avec le Cambodge au moment d'avoir glissé leur bulletin dans l'urne.

"Nous avons besoin d'un leader fort capable de protéger notre souveraineté", a déclaré Yuernyong Loonboot, 64 ans, depuis un bureau de vote de Buriram (est), la ville natale d'Anutin.

L'armée thaïlandaise a pris le contrôle de certaines zones contestées lors des derniers combats en décembre, et un cessez-le-feu est en vigueur après que des combats ont fait des dizaines de morts des deux côtés.

- Nationalisme "au coeur" -

Peu après son entrée en fonction, Anutin a autorisé les forces armées à prendre toutes les mesures qu'elles jugeaient appropriées à la frontière, sans en référer au gouvernement au préalable. En campagne, il a promis de construire un mur frontalier et de recruter 100.000 soldats volontaires.

"Le nationalisme est ancré dans le coeur de tous les membres du Bhumjaithai", a-t-il déclaré dimanche. "Il suffit de regarder la couleur", a-t-il ajouté en comparant le bleu de son parti à celui du drapeau thaïlandais.

En se présentant comme pro-armée et pro-monarchie, le Bhumjaithai "a incarné une certaine +identité thaïe+ qui a eu de l'effet sur les électeurs", retrace pour l'AFP le politologue Titipol Phakdeewanich, de l'université d'Ubon Ratchathani.

Même si le Bhumjaithai ne semble pas à même d'obtenir la majorité absolue des 500 sièges de la Chambre basse, le nombre de sièges qu'il pourrait remporter lui donnerait l'avantage dans les négociations de coalition.

La Thaïlande utilise un système de représentation mixte avec 400 députés élus par des circonscriptions individuelles et 100 sièges qui sont attribués selon un scrutin séparé pour les listes de partis.

Le prochain gouvernement de ce royaume d'Asie du Sud-Est devra gérer une économie morose, concurrencée par le Vietnam en pleine expansion, et dont secteur touristique vital n'a pas retrouvé son niveau d'avant la pandémie.

- Référendum -

Le parti réformiste Move forward (aujourd'hui Parti du peuple), avait remporté le plus grand nombre de sièges à la précédente élection mais avait été empêché d'accéder au pouvoir par une alliance entre le Bhumjaithai et le Pheu Thai, avant que la formation de soit dissoute.

Le Pheu Thai, la formation de la figure dominante de la politique thaïlandaise depuis le début du siècle, Thaksin Shinawatra, consacre son déclin en arrivant à la troisième place, d'après les projections.

Il est toutefois considéré comme un probable partenaire de coalition d'Anutin. Ils étaient alliés jusqu'à ce que le Bhumjaithai se retire d'un accord sur le traitement du conflit frontalier conclu par la Première ministre de l'époque, Paetongtarn Shinawatra, la fille de Thaksin.

Des personnes regardent le dépouillement des votes des élections thaïlandaises dans un bureau de vote à Bangkok, le 8 février 2026 ( AFP / Amaury PAUL )

Des personnes regardent le dépouillement des votes des élections thaïlandaises dans un bureau de vote à Bangkok, le 8 février 2026 ( AFP / Amaury PAUL )

Thaksin, lui, est actuellement derrière les barreaux pour corruption durant son mandat, ce qui a écorné l'image du parti.

La vie démocratique thaïlandaise est contrainte par des institutions conservatrices dotées d'importants pouvoirs par la Constitution héritée du coup d'Etat militaire de 2014 et des cinq années de régime militaire qui ont suivi. Les dissolutions de parti ou le bannissement de figures politiques de la vie politique prononcées par la Cour constitutionnelle en résultent, comme celles de Move forward, ou Paetongtarn Shinawatra plus récemment.

Un référendum a également été organisé dimanche et, vers minuit, 58% des votant s'étaient pronnoncés en faveur d'une réforme constitutionnelle, sans qu'aucune mesure spécifique n'ait été proposée.

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